
D’où vient la médiation animale ?
Le premier programme de zoothérapie est apparu au 9ème siècle en Belgique (ville de Gheel). On a confié la garde d’oiseaux à certains malades afin de leur rendre un minimum de confiance en eux.
Puis, c’est en Angleterre, au 18ème siècle, que l’institution « York Retreat » apparu dans le cadre de la prise en charge des personne malades mentales. On confiait des lapins et des volailles aux patients afin qu’ils les soignent et s’en occupent. Les patients se rendaient ainsi responsables avec un sentiment d’utilité.
Au 19ème siècle, en Allemagne (ville de Bielefeld), on soignait certaines personnes épileptiques grâce au contact avec différents animaux.
Mais c’est au 20ème siècle, que la première utilisation thérapeutique de l’animal fut mise en place. Les chiens étaient utilisés comme compagnons des pensionnaires d’un hôpital psychiatrique. Puis, en 1953, Boris Levinson, psychologue pour enfants, remarqua lors d’une consultation, que sa chienne Jingles avait des effets bénéfiques sur un jeune patient autiste. De ce fait, Boris Levinson développa la théorie de la « Relation enfant-animal dans une psychothérapie« , appelée aujourd’hui, zoothérapie. Il publia par la suite, plusieurs ouvrages démontrant, entre autre, que les animaux facilitent la communication.
En 1958, Samuel et Elisabeth Corson, psychiatres américains (dans la mouvance de Boris Levinson) seront les premiers à utiliser l’animal de compagnie comme moyen de thérapie dans les maladies mentales notamment dans le traitement de la schizophrénie et pour les personnes réfractaires aux thérapies conventionnelles. Ils constateront alors une diminution de la prise de médicaments psychotropes.
Et en France ?
C’est dans les années 70, et après être entré en contact avec Boris Levinson, que Ange Condoret, vétérinaire, définit une nouvelle méthode adaptable à chaque enfant : l’IAMP ou Intervention Animale Modulée Précoce. Celle-ci afin de favoriser la communication non verbale des enfants en présence des animaux.
On peut donc voir que la médiation par l’animal ou zoothérapie n’est pas une « nouvelle » méthode dans l’air du temps mais bien une pratique utilisée depuis des décennies.

Zoothérapie ou médiation animale ?
Le terme zoothérapie est plus connu et plus utilisé mais il faut noter que la médiation animale a un sens plus large. La distinction entre les deux peut sembler un peu flou.
La zoothérapie sera effectuée par un thérapeute ayant un diplôme d’état dans la santé ou le social (orthophoniste, infirmière, psychologue et tous les autres professionnels du secteur médical ou paramédical). Les séances auront un objectif purement thérapeutique.
Le champ d’intervention est plus large pour la médiation animale. Les séances peuvent être à visée thérapeutique, ludique ou pédagogique.
Dans tous les cas, que ce soit en zoothérapie ou en médiation animale, il est très important de se former afin d’avoir de très bonnes connaissances quant à la pathologie des bénéficiaires auprès desquels nous interviendrons. L’éducation des animaux en tant que médiateur est primordiale car cela ne s’improvise pas.
Par contre, il faut bien noter que l’animal n’est pas un thérapeute mais un médiateur. Il forme une équipe avec l’intervenant. Donc, nous parlons bien ici, d’un accompagnement au soin et non d’un soin. Les interventions ont donc leurs limites. Mais on sera quand même d’accord pour dire que ces pratiques alternatives auront démontré leurs bienfaits et qu’elles tendent à être de plus en plus connues.

Comment procède-t-on ?
L’intervenant en médiation animale utilise l’animal en tant qu’intermédiaire (médiateur) dans une relation triangulaire entre lui et les participants ( personnes fragilisées).
L’animal va donc venir stimuler les sens des bénéficiaires mais aussi les aider à améliorer leurs fonctions motrices, affectives, psychologiques et cognitives.
Pour les séances, des objectifs seront fixés avec le personnel soignant. Suite à cela, l’intervenant va pouvoir mettre en place des activités pour améliorer l’autonomie des bénéficiaires, créer des liens sociaux, apporter du bien-être, etc.
En conclusion
La médiation animale, grâce à un duo intervenant-animal (formé), apporte bien-être, plaisir et envie. Elle s’adresse à tous publics : enfants, adultes et personnes en situation de handicap. C’est un accompagnement aux soins, elle intervient en complément !
